Animations médiévales sur les thèmes de la calligraphie, la scholastique, l'école au moyen-âge, bénédictions, reconstitution de sacrements (baptême, mariage, etc.... Bons plans, gastronomie et recettes de cuisine
22 Janvier 2013
Je constate qu'un certain nombre de mes paroissiens parlent d'amour, de ce qu'il représente, de ses complications mais aussi de ses joies. Je vais donc moi aussi m'essayer à ce difficile discours sur le plus délicat et compliqué des sentiments humains.
Il sera donc important, avant tout de distinguer trois formes d'amour :
L'Amour de Dieu
L'amour du prochain
L'amour des amants
Alors que nous utilisons le même mot, ces trois formes, bien que liées par un même élan sont différentes par le rapport à leur objet.
L'Amour de Dieu est un amour qui se définit par un oubli de soi pour la Gloire de Dieu. Rare sont ceux qui sont capables d'un tel Amour, et c'est souvent à l'appel de Dieu Lui-même qu'ils répondent.
L'amour du prochain est plus commun mais pas moins exigeant. Il s'agit d'un don de soi pour autrui, d'un partage innocent, sans contrepartie, pour la grandeur de l'humain.
Enfin, le plus troublant, le plus mystérieux mais aussi le plus incompréhensible des trois, l'amour des Amants. Il s'agit d'un abandon de soi à l'autre, un rapport de confiance absolu qui fait qu'on met sa vie dans les mains de l'être aimé, lui donnant le pouvoir de nous détruire par ce que toute vie serait impensable en dehors d ces mains et de ce coeur. L'abandon de soi ne signifie pas l'oubli de soi, surtout pas. Il faut être pleinement soi pour pouvoir s'abandonner à l'autre, et c'est tout entier qu'il faut le faire : corps et âme. S'il y a un déséquilibre, alors l'amour est voué à l'échec. Trop d'âme et c'est la frustration. Trop de corps et c'est la luxure, la transformation de l'autre en objet. Trop peu de corps et c'est l'idolâtrie, la soumission, trop peu d'âme et c'est l'irrespect.
Mais il est difficile à définir ce sentiment, On le confond souvent avec l'affection ou le désir. Mais alors que l'affection est un sentiment discret et silencieux qui prend son temps, l'amour lui se clame, bouillonne, claironne, consume tout sur son passage et surgit avec la violence de l'éclair mais il s'installe et dure.
Le désir, quant à lui,surgit de façon très spontannée, et s'évanouit aussi spontanément une fois que son objet est atteint, alors que l'amour, lui, n'est jamais rassasié, son objet ne cesse d'être repoussé toujours plus loin, de sorte qu'il habite le temps et s'extasie toujours de l'existence de l'être aimé.
Voilà ma maigre contribution à la compréhension de ce dédale sentimental qu'est l'amour, bien pâle reflet d'une réalité encore plus complexe.